Le Christianisme orthodoxe ou Orthodoxie est une des trois principales confessions du christianisme. Il est organisé en de nombreuses Églises territoriales qui forment ensemble l’« Église orthodoxe » ou « Communion orthodoxe ». Ce groupe d’Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d’une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d’une seule Église. La Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes.

Les Églises orthodoxes représentent dans le monde la deuxième plus grande confession chrétienne en nombre de fidèles après l’Église catholique.

Organisation

L’Église orthodoxe est une communion d’Églises indépendantes sur le plan de l’organisation et de la discipline et intimement liées entre elles sur le plan dogmatique. Chacune d’elles est autocéphale, c’est-à-dire dirigée par son propre synode habilité à choisir son primat. Elles partagent toutes une foi commune, des principes communs de politique et d’organisation religieuses ainsi qu’une tradition liturgique commune. Outre les langues employées lors du culte, seules des traditions mineures diffèrent en fonction des pays. Les évêques, primats à la tête de ces Églises autonomes peuvent être appelés patriarches ou archevêques. Ces primats président les synodes épiscopaux qui, dans chaque Église, constituent l’autorité canonique, doctrinale et administrative la plus élevée. Il existe, entre les différentes Églises orthodoxes, une hiérarchie honorifique, déterminée en fonction de l’histoire plutôt que par leur force numérique actuelle.

Dans les Églises orthodoxes, tous les évêques sont juridiquement et spirituellement égaux : un patriarche, un archevêque ou un métropolite n’ont pas plus d’autorité ni de droit juridictionnel que n’importe quel autre évêque dans le territoire canonique d’un évêque voisin. Ils dirigent toutefois collégialement, avec les évêques du synode, portant le titre de primus inter pares (« premier entre les égaux »), et ils représentent l’Église à l’extérieur. Les résolutions engageant une église entière ne peuvent être prises que par la communauté des évêques lors d’un concile ou d’un synode. Dans son diocèse, chaque évêque exerce la juridiction épiscopale pleine et entière.

Ecclésiologie

L’Église orthodoxe se comprend comme l’Église chrétienne « des origines », dont toutes les autres Églises sont membres, y compris la catholique romaine. Une Église orthodoxe conçoit aussi tous les chrétiens résidant dans son territoire canonique, comme partie intégrante de sa patrie spirituelle. Elle voit donc avec plus ou moins de surprise les nombreuses confessions évangéliques, ouvrir sur son propre secteur des Églises parallèles. Cette surprise fonctionne aussi pour l’évangélisation catholique s’insérant en milieu orthodoxe.

Les Églises orthodoxes, pour la plupart d’entre elles, sont membres du Conseil œcuménique des Églises, qu’elles ont rejoint en 1961. Elles entretiennent aussi un dialogue œcuménique avec l’Église catholique et la Communion anglicane. Elles ne sont cependant pas prêtes à accepter, même devant une décision votée à la majorité, des valeurs et pratiques non traditionnelles, (présidence d’une Pasteurine lors d’une célébration commune, hospitalité eucharistique, évolution de la langue liturgique, libéralisme théologique).

Sacrements

Les Églises orthodoxes connaissent sept sacrements, plus exactement nommés mystères:

1. le baptême,
2. l’onction avec le Saint Chrême (qui correspond à la Confirmation catholique mais est administrée dans l’Église orthodoxe immédiatement après le baptême),
3. l’eucharistie (donnée la première fois également directement après le baptême),
4. la confession (réconciliation ou pardon),
5. l’ordination,
6. le mariage
7. le sacrement des malades ou onction des malades (tout comme dans l’Église catholique, ce sacrement n’est pas réservé aux mourants)

Liturgie

L’Orthodoxie se présente comme la continuité de l’Église chrétienne primitive qui a subi plusieurs schismes, notamment en 431, 451 et 1054 dont les responsabilités demeurent sujet de dissensions entre les historiens.

Le cœur de la spiritualité orthodoxe est riche, principalement dans le chant, de la liturgie fortement symbolique, dont la forme actuelle, au moins partiellement, s’enracine au ive siècle.
La première partie de la liturgie, appelée Liturgie des Catéchumènes avec prière et lectures bibliques se réfère au culte synagogal, tel que Jésus dut le connaître ; la deuxième partie, la Liturgie des fidèles, célébrant l’Eucharistie est d’origine proprement chrétienne. Le nom de chacune des parties se réfère au temps où tous les candidats non encore baptisés devaient quitter l’église après la première partie et où l’on fermait les portes à clef.

La liturgie originale dure cinq heures, la liturgie basilienne dure environ deux heures, la liturgie de Jean Chrysostome ne dure environ qu’une heure et demie et c’est celle qui est célébré la plupart des dimanches tandis que, pour les fêtes plus importantes, on préfère la liturgie de Saint-Basile.

Le chant développe une particulière importance dans la liturgie russe orthodoxe. Ils sont compris comme prière à part entière ; ils ne doivent donc être « produits » que par les voix humaines. L’utilisation des instruments n’est pas admise dans les Églises russes orthodoxes parce que les instruments ne peuvent prier.

Dans la liturgie orthodoxe, on se signe chaque fois que la Trinité est mentionnée. Le signe de croix se pratique selon un mouvement de droite à gauche : front, poitrine, épaule droite, épaule gauche. Le pouce, l’index et le majeur sont liés pour représenter la trinité, tandis que l’annulaire et l’auriculaire sont repliés dans la paume pour signifier la double nature. On se signe aussi en admirant une icône avec ou sans prière et dans d’innombrables autres occasions, laissées à la discrétion du croyant.

Le fidèle est, en principe, debout à l’office ; beaucoup d’églises n’ont de sièges que le long des murs pour les personnes âgées ou affaiblies. La position à genoux est peu fréquente ; le dimanche, on connaît quelques grandes prosternations analogues à celles de l’Islam dans les Églises d’Europe centrale ou d’Égypte.

Calendrier

Certaines églises orthodoxes n’ont pas adopté la réforme du calendrier initiée par le pape catholique Grégoire XIII en 1582. Elles utilisent donc encore le calendrier julien. Pour les membres de ces églises (Jérusalem, Russie, Géorgie, Serbie, mont Athos) les dates des fêtes religieuses sont par conséquent décalées par rapport à celles des autres chrétiens, et par rapport au calendrier civil, qui est partout le calendrier grégorien. Ces orthodoxes fêtent bien Noël le 25 décembre mais leur fête tombe le 7 janvier du calendrier civil (avant 1900, elle tombait le 6 janvier.

La date de Pâques est cependant commune à toutes les églises orthodoxe parce qu’elle est partout fixée à partir du calendrier julien. Cette façon de calculer engendre des écarts variables avec la date déterminée par le calendrier grégorien : certaines années la date est la même, d’autres années il peut y avoir une semaine ou même cinq semaines de différence (Pâques tombe en avril ou en mai pour les orthodoxes, jamais en mars).

Les fêtes liturgiques

Une Fête des fêtes, Solennité des solennités : qui comprend le jour de Pâques, inaugurant la semaine du Renouveau et le temps pascal qui dure en tout quarante jours.

Douze grandes fêtes souvent représentées sur les murs des églises :

o Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu (8 septembre).
o Exaltation de la Très Sainte Croix (14 septembre).
o Présentation de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple (21 novembre).
o Nativité du Seigneur (6 janvier).
o Baptême du Christ ou Théophanie (7 janvier).
o Présentation du Christ au Temple ou Chandeleur (2 février).
o Annonciation (25 mars).
o Entrée du Christ à Jérusalem ou Rameaux (une semaine avant Pâques).
o Ascension du Seigneur (40 jours après Pâques).
o Pentecôte (50 jours après Pâques)
o Transfiguration du Christ sur le mont Thabor (6 août)
o Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu (15 août).

• Autres fêtes importantes :

o Nouvel an liturgique, prière pour la sauvegarde de la création (1er septembre).
o Protection de la Très Sainte Mère de Dieu (1er octobre, en Grèce le 28).
o Saints archanges (8 novembre).
o Saint Nicolas (6 décembre).
o Saint Basile le Grand et Circoncision du Seigneur (1er janvier).
o Trois ss. Docteurs, Basile, Jean Chrysostome et Grégoire le T. (30 janvier).
o Triomphe de l’Orthodoxie (Premier dimanche du Grand Carême).
o Résurrection de Lazare (samedi veille des Rameaux).
o Grande Semaine (semaine sainte entre Rameaux et Pâques).
o Nativité de saint Jean Baptiste (24 juin).
o Saints apôtres Pierre et Paul (29 juin).
o Décollation de saint Jean Baptiste (29 août, jour de jeûne).

• Autres périodes associées aux jours de fêtes

o Jours de jeûne :
o Carême de Noël (40 jours du 15 novembre au 24 décembre).
o La veille de la Théophanie (5 janvier).
o Le Grand Carême (40 jours du Lundi pur à l’avant veille des Rameaux).
o Semaine Sainte (du samedi veille des Rameaux au samedi saint).
o Jeûne précédant la fête des apôtres Pierre et Paul (29 juin).
o Jeûne de la Mère de Dieu (du 1er au 14 août).
o Décollation de saint Jean Baptiste (29 août).
o Exaltation de la Précieuse Croix
o Mercredis et vendredis sauf en temps de grande fête.
o Semaines complètes sans jeûne :
o Noêl du 25 décembre au 4 janvier
o Semaine du Pharisien et du Publicain, trois semaines avant le Grand Carême
o Semaine des laitages (sans viande), semaine précédant le Grand Carême
o Semaine de Pâques ou du Renouveau
o Semaine de la Pentecôte

Ordinations et sacerdoce

Le sacrement de l’ordre comporte trois étapes. La première étape est le diaconat, la deuxième le presbytérat et la troisième l’épiscopat. Seuls les évêques sont obligés au célibat, tandis que prêtres et diacres peuvent se marier (avant l’ordination).

Les prêtres sont fédérés dans une hiérarchie : les patriarches, archevêques ou métropolites, comme primus inter pares, sont à la tête ; puis viennent les évêques, prêtres, enfin les diacres.
La hiérarchie compte aussi des sous-diacres, des lecteurs, des chantres sans sacrement spécifique et sans obligation particulière de discipline, offices qui tirent leur origine des liturgies primitives ; et exercent en partie d’autres fonctions que celles suggérées par leur nom. Les diaconesses appartiennent également au groupe des services sans ordination. Elles sont principalement compétentes pour la préparation du baptême des femmes ; leur rôle est toutefois devenu insignifiant avec l’acceptation des baptêmes d’adultes, en sorte qu’elles disparaissent complètement dès la fin du royaume byzantin. Les diaconesses ne participèrent jamais à l’office et ne peuvent être considérées comme un « diaconat féminin ».

Dans les Églises orthodoxes la plupart des théologies sont très traditionnelles et l’enseignement est en grande partie entre les mains des Églises ; on rencontre aussi de nombreux laïcs théologiens et, inversement, la majorité des prêtres ne sont pas théologiens. Des personnes mariées peuvent être ordonnées. Le prêtre orthodoxe n’a en fait pas le droit de divorcer ni de se remarier, si les prêtres sont mariés c’est parce qu’ils l’étaient avant leur ordination.

On n’ordonne pas les femmes et on n’admet pas les jeunes filles au service d’autel. La femme du prêtre a une position particulière dans la communauté et un titre spécifique : en russe matuschka (« maman »).

Exclues du service d’autel, les femmes peuvent, en principe, exercer toutes les fonctions dans la communauté, i.e. élues au conseil d’église, chef de chœur, lecteur, catéchiste pour les enfants, comme pour les adultes, peintre d’icônes. La participation des femmes à la vie communautaire est toutefois différente selon la culture locale.

Share Button